jeudi 19 mars 2015

« Et si l’on supprimait les chefs et les managers dans les entreprises ? »


Quid de l'holacratie , de l'entreprise libérée...
Thierry Bardy accueille, lors de son  prochain « regards croisés »

Bernard Marie Chiquet, (IGI Partner), évangéliste de l’Holacratie,
           Christophe Mistou, group commercial sourcing Director (Kingfisher/Castorama), 
            et Luc Bretones, Directeur du Technocentre & d’Orange Vallée.



La gouvernance d’entreprise n’échappe pas, elle non plus, à l’innovation…
Des démarches nouvelles prônent l’absence de hiérarchie, la suppression de la logique pyramidale où égos et pouvoirs du chef disparaissent au profit de modèles plus égalitaires, où le
rôle est privilégié à la fonction.
Les expériences nouvelles dans ce domaine se multiplient :
- « entreprises libérées » à l’instar de Gore Tex, Poult ou Favi en France,
- démarche d’Holacratie chez Zappos et IDEO aux USA, Danone et Castorama en France.

Bernard Marie Chiquet, Christophe Mistou et Luc Bretones viendront débattre avec vous autour des enjeux de l’Holacratie, lundi 13 avril à 14h, aux Jardins de l’Innovation à Issy-les-Moulineaux.
Un sujet passionnant, qui nous concerne tous. Une place importante sera consacrée aux échanges avec la salle.


vendredi 6 mars 2015

Thierry Bardy - Les objets connectés dans la médecine



Thierry Bardy - Tags ; objets connectés , IoT, médecine, santé 

J'ai  2 convictions profondes ; l'IoT ou le big data se développeront qu'en silots ou par thématiques. Les spécificités des secteurs sont telles que peu de technologies pourront s’avérer génériques ou transverses.
L'internet des objets Iot dans le domaine de la santé est révélatrice de cette spécialisation . Ci dessous quelques exemples de ce que la médecine pourra proposer en la matière. La question qui se pose;  avec quel réseau de communication ces uses case pourront fonctionner ? Cela dit , je vous laisse rêver ou cauchemarder...


1/ Un film électronique

Une puce électronique permettra de surveiller des données comme la température du corps.
© Iosif Szasz-Fabian, Fotolia.com
Une équipe de chercheurs japonais de l’Université de Tokyo a annoncé avoir conçu une puce électronique ultra-fine, légère et souple, qui se présente sous la forme d’un film et qui pourrait être implantée dans le corps humain pour suivre ses conditions physiques.
Ce film, qui fonctionne même s’il est étiré ou froissé, permettra de surveiller de nombreuses données comme la température corporelle, la pression artérielle, les mouvements musculaires ou les battements du cœur.


2/Les nanorobots
Ces nanorobots permettront d'effectuer des opérations chirurgicales complexes.
© Gennadiy Poznyakov, Fotolia.com
Selon l’ingénieur informatique Ray Kurzweil, embauché il y a deux ans par Google, des nanorobots seront capables de naviguer dans nos vaisseaux sanguins pour guérir chacune de nos cellules malades. Et cela d’ici 2020 ! Déjà, une équipe de scientifiques européens travaille sur un nanorobot d'Assemblage système chirurgical Endoluminal reconfigurable (ARES) qui va permettre d’effectuer des opérations chirurgicales très complexes. Les 15 modules du nanorobot sont avalés par le patient puis s'assemblent de manière autonome dans l'intestin. Ils forment ainsi une sorte de serpent capable de se déplacer et d’effectuer les opérations commandées par le chirurgien. Cela évite toute incision, réduit la douleur et permet au patient de récupérer plus vite.

3/ L’implant contraceptif  télécommandé

Le MIT a développé un "compu-contraceptive" télécommandé.
© ursule, Fotolia.com
L’implant contraceptif existe depuis longtemps et de nombreuses femmes l’utilisent. C’est en fait un réservoir contenant les mêmes hormones que les pilules progestatives. Il est efficace durant 3 ans. Seul inconvénient : les femmes qui l’utilisent doivent retourner chez leur médecin pour qu’il retire l’implant si elle désire avoir un enfant. Ce qui a donné l’idée au MIT  de développer un "Compu-contraceptive" télécommandé… D’une durée de vie de 16 ans, il peut être mis hors tension n’importe quand puis réactivé très facilement grâce à la télécommande. La Fondation Gates, du fondateur de Microsoft, soutient le projet. Il sera soumis aux essais cliniques cette année, dans l’espoir d’une commercialisation en 2018.

4/ La poussière intelligente
Ces nano-ordinateurs peuvent combattre un début de cancer. © vitanovski, Fotolia.com
Les "motes" vont sans doute révolutionner la médecine !
Ce sont des nano-ordinateurs munis d’antennes et organisés en réseau. De la taille d’un grain de sable, ils s’auto-organisent dans le corps humain afin de gérer des processus internes complexes et peuvent combattre un début de cancer ou soulager la douleur d’une blessure.
Grâce à cette "poussière" connectée, les médecins pourront agir à l’intérieur de votre corps sans avoir besoin de recourir à une opération.  
 

5/Les tatouages intelligents

De futurs tatouages pourront permettre de vous identifier lors d’un règlement chez un commerçant.
© shime, Fotolia.com
Un groupe de chercheurs du Texas a développé un type d’encre de tatouage composée de microparticules qui peuvent rassembler puis envoyer des données relatives à votre organisme.
De son côté, la bien nommée société Dangerous Things a créé une puce NFC qui peut être implantée dans le doigt et qui permet de déverrouiller ou d’entrer un code en pointant simplement du doigt vers son téléphone portable, son ordinateur ou sa voiture.
De tels tatouages pourraient aussi permettre de vous identifier lors d’un règlement chez un commerçant.

6/Le patch électronique

Le patch électronique surveille la santé de l'utilisateur. © Adam Gregor, Fotolia.com
Développé par le professeur John Rogers, fondateur en 2008 de la société américaine MC10, le "patch électronique" ou "biostamp" est une sorte de pansement transparent. Pas plus grand que deux timbres postaux et doté de circuits électroniques souples,  il se colle directement sur la peau et surveille la santé de l'utilisateur, via son smartphone. Le patch peut mesurer la température du corps ou déceler une mauvaise hydratation. Il peut aussi calculer si l’on est trop exposé au soleil.
Collé sur la peau d’un sportif, le patch pourra l’informer régulièrement sur ses besoins en eau. Utilisé aujourd’hui à titre expérimental, il possède une durée de vie de 2 semaines environ, avant de disparaitre progressivement, sans laisser de trace sur la peau. Il pourrait être mis sur le marché très prochainement.

7/ Le cerveau connecté
Piloter directement son ordinateur grâce à son cerveau. © sudok1, Fotolia.com
Piloter directement son ordinateur  grâce à son cerveau ? Certains chercheurs pensent que cela sera possible dans quelques années. Des scientifiques  de l’université de Brown (Providence, Etat de Rhode Island) et de la société de bio-technologie Cyberkinetics travaillent depuis 2003 sur un système d’implants neuronaux, "BrainGate", dont les signaux neurologiques ont pu être décodés par un périphérique externe en temps-réel.
Intel, de son côté, affirme qu’elle commercialisera dès 2020 des puces électroniques cérébrales, "BrainChips", capables de contrôler des ordinateurs sans clavier ni souris. Mais la médecine utilise déjà au quotidien la stimulation cérébrale pour soigner les patients atteints de la maladie de Parkinson.

8/ Le pancréas bionique

Les chercheurs espèrent optimiser l'autonomie des patients diabétiques. © sunabesyou, Fotolia.com
Actuellement testé à l’Université de Boston (Massachusetts), le "pancréas bionique bihormonal" pourrait être très utile aux diabétiques. Le Docteur Edward Damiano et ses collaborateurs ont créé un nouveau prototype de pancréas artificiel composé de 2 boîtiers pilotés par un smartphone.
L’un des boitiers mesure toutes les 5 minutes le taux de glycémie dans le sang, l’autre est destiné à délivrer du glucagon, une hormone hyperglycémiante. Leur dispositif est couplé à une pompe à insuline classique. En automatisant ainsi le contrôle glycémique et en prenant immédiatement en charge les hypoglycémies grâce à la pompe à glucagon, les chercheurs espèrent optimiser l'autonomie des patients diabétiques.

9/ Les cyberpillules

Les cyberpillules délivrent des informations au patient et à son médecin via leur smartphone. © DragonImages - Fotolia
Des chercheurs britanniques ont développé des cyberpillules munies de microprocesseurs capables de délivrer des informations au patient et à son médecin, via leur smartphone. Implanté sur le médicament, le dispositif mesure 1 millimètre carré et transmet l’information à travers votre peau vers un patch adhésif. La puce peut dire si vous avez bien pris le médicament prescrit et s’il a un effet bénéfique sur votre santé, en mesurant des paramètres biophysiques comme le rythme cardiaque, la respiration, l’état du sommeil… De leur côté, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) et de la société américaine MicroCHIPS Biotech ont mis au point une puce intégrée dans le corps de patients souffrant d’ostéoporose, capable de délivrer leurs doses quotidiennes de médicaments.
 
10/ La carte d'identité implantée

Ce système mettrait fin aux usurpations d’identité.. © Science photo, Fotolia.com
Nous vivons depuis des années avec des cartes munies de puces qui stockent certaines données : cartes bancaires, carte Vitale, etc. Certains envisagent aujourd’hui d’implanter dans le corps humain une véritable carte d'identité électronique regroupant dans une micro-puce Radio Frequency Identification Device (RIFD) toutes nos données personnelles. La technologie RFID utilise les ondes radio pour émettre des données via une "antenne" en direction d'un "tag RFID" ou "marqueur". Ce marqueur, véritable étiquette électronique serait un jour incorporé dans notre organisme. Les avantages potentiels sont nombreux : fin des usurpations d’identité et  une meilleure sécurité grâce à la traçabilité. En fait, ces implantations de puces RFID dans le corps humain existent déjà. La FDA américaine autorise depuis 2004 l’usage de puces RFID à des fins de suivi médical dans les hôpitaux.




jeudi 5 mars 2015

Thierry Bardy - Lorsque le business model des APi atteint ses limites ...

Thierry Bardy - tags ; business model , APi , Uber , Google , Google maps 
Le business modèle des APi ( Interface de programmation pour faire court) se révèle d'année en année excessivement lucratif. Google, Facebook , Expedia ... ont  fait des APi une de leur priorités de développement. Le mécanisme  est bien souvent fondé sur une stratégie que j'appelle d’hameçon; Le fournisseur d'APi  attire la start up gracieusement par une solution /APi structurante pour le développement de son business. La start up ainsi "ferrée" et ayant pu générer du chiffre d'affaire,  le fournisseur lui  impose un mécanisme financier assez lucratif dont  la start up n'a plus le choix de refuser...
Le cas d'Uber avec Google Maps est assez intéressant. Les moyens colossaux d'Uber lui permettent aujourd'hui de rompre son contrat avec Google Maps et de racheter deCarta pour remplacer son Api de cartographie.

Uber rachète un service de cartographie pour être moins dépendant de Google


Le service de VTC intégrera sous peu la technologie de mapping de la start-up américaine deCarta.
Fondé en 2009 et fort de près de six milliards de dollars levés, l'application de VTC Uber s'apprête à réaliser sa toute première acquisition. Elle va racheter la start-up de mapping basée à San José, aux Etats-Unis, deCarta. Le montant de l'opération n'est pas connu.
DeCarta sera intégré à l'application Uber et permettra d'améliorer son service : la start-up fondée en 1996, et qui a levé plus de 55 millions de dollars depuis sa création, est en effet à l'origine de services de mapping et de localisation, d'API de localisation, et d'un service de navigation GPS. 30 des 40 collaborateurs de DeCarta, dont Kim Fennell, CEO et président, rejoindront les rangs d'Uber.

Diminuer sa dépendance à Google

Mais améliorer son application n'est peut-être pas la seule motivation d'Uber. Avec ce rachat, la société valorisée autour de 41 milliards de dollars pourrait vouloir diminuer sa dépendance à Google et à son service Google Maps. Si Google Ventures a énormément investi dans Uber, les deux sociétés se font cependant concurrence. D'un côté, Google montre des velléités pour entrer sur le marché d'Uber et espère, avec sa Google car sans chauffeur, remplacer les VTC. De l'autre, pour contrer la Google Car, Uber a ouvert un centre de recherches en robotique et cartographie à Pittsburgh et travaille sur des voitures sans conducteurs.

mercredi 18 février 2015

Bienvenue dans le monde du marketing serviciel

 Thierry Bardy - tags ; économie servicielle , économie de fonctionnalité, Jeremiy Rifkin

 Dans le concept de troisième révolution industrielle, l’essayiste Jeremy Rifkin singularise l’avènement des technologies. Irréversible, elle change les organisations, les rapports humains, la consommation, et transforme notre conception des choses...
Que faut-il comprendre et comment s’y adapter ?







Chaque époque invente ses modèles selon la culture du moment, et cette ère est servicielle. La technologie, non comme une fin en soi, mais réponse créative qui s’invite partout, révèle et accélère les usages. Nous sommes entrés dans une app society, une ère applicative qui modifie notre perception du monde, la façon de nous relier et aussi notre consommation : éducation, transport, banque, assurance, achat et vente, culture et tourisme... La technologie agit comme catalyseur en propulsant de nouvelles solutions aux besoins réels des consommateurs. Prenez Uber : qui aurait prédit un tel succès 

Primat de l'usage sur la possession

Le maître mot de l’époque : « l’expérience ». On passe notre temps à inviter le client à en vivre une avec nous ! Un mot tellement mis à toutes les sauces qu’il en devient drôle... ou assommant. Cependant, il y a un constat de fond de l’attente actuelle : posséder oui, mais surtout faire. Il y eut un temps pour avoir, pour être au travers de l’achat, voici venu le temps de faire. Le produit mue pour changer de vocation : une expérience réussie ne réside plus dans l’acquisition, mais dans l’utilisation. Or, notre réflexion marketing repose encore trop sur une définition érodée d’un client vu comme consommateur. Il serait plus juste, dans une app society, de parler d’utilisateur. Notre homme connecté est ainsi : user d’un service que vous fournissez et dont le produit est le véhicule, mais plus une finalité en soi (exception faite du luxe, et encore).

Un changement culturel

Longtemps le filtre à l’usage a été la possession. La consommation entretenait l’idée que pour un usage il fallait un produit désigné et en avoir la propriété personnelle. L’économie collaborative tord le cou à ce postulat. Aujourd’hui, les particuliers s’organisent sans vous. Logique : quand vous savez que le temps d’utilisation dans une vie d’une perceuse est de 12 minutes en moyenne, pourquoi en acheter une ? Longtemps également les produits que nous possédions étaient inertes. La technologie peut désormais tout connecter, embarquée ou via des apps. Nous pensons par exemple à la gamme d’accessoires sportifs techno Nike+, au casque de moto connecté Skully, aux appareils intelligents conçus par Withings... Longtemps enfin le consommateur fut captif des marques. Parce que le savoir-faire était détenu par des acteurs ayant un avantage compétitif lié à un outil de production. Du dessin à la commercialisation, le leader était celui qui savait développer la meilleure offre. Confortable, mais plus suffisant. L’époque est à la distribution du savoir-faire et à un décloisonnement inédit. Les marques d’hier ont face à elles désormais un nouvel écosystème d’un nouveau genre. Il faut aujourd’hui compter avec trois nouveaux paramètres.

Les start-up, bien sûr, qui ont une approche radicalement différente. Elles ne raisonnent pas sur la maîtrise industrielle long terme, mais se concentrent sur un problème court terme, le design d’une solution et le maximum de traction d’utilisateurs. Avec un produit imparfait au lancement qui s’améliore dans le temps. Ensuite, l’apparition d’acteurs « accélérateurs », tels que les fabmakers. Pensez à ce que l’impression 3D va changer pour les entreprises... L’avenir ? Une nouvelle forme de propriété intellectuelle bâtie sur la capacité à inventer et devenir une plateforme pour des créateurs tiers en injectant du service. Enfin, la formation de communautés créatives, qui favorisent l’émergence de nouveaux talents, de la mise au point à la promotion... en incluant le financement au travers de plateformes tierces collaboratives.

Une adaptation nécessaire

Ne pensons pas régler un problème culturel par un processus (à renfort de growth hacking, d’agilité). Le changement est d’abord philosophique, et se réinventer, c’est commencer par accepter que l’adaptation soit la norme avec des cycles de vie de plus en plus courts ; que l’avantage compétitif repose sur un modèle de service d’abord, hors fabrication ; et qu’il va nous falloir sortir plus souvent de notre zone de confort... 

Quatre pistes sont à l’étude dans de nombreuses entreprises :

1 — En finir avec les 4P du marketing classique, qui raisonne sa croissance à partir de ce qu’il sait faire. Il faut y additionner 4C : Culture, Contexte, Communautés et Consommateurs, dont ce dernier n’est plus jamais coupé.

2 — Le design thinking. Dans une consommation dont les nouveaux modèles émergent et changent en un rien de temps, il faut délivrer vite avec une culture de travail et d’organisation nouvelle : équipes projets, diagnostics courts, conception rapide (voir méthode Google en 5 jours) pour partir des vrais problèmes.

3 — Le versioning : moments de relation client, nouvelles gestuelles et habitudes, services pratiques, exemples répliqués d’autres industries, c’est là que l’on peut inventer dans le temps en améliorant avec les utilisateurs. Voir Hilton, Sephora ou Simple dans le domaine bancaire.

4 — Former les hommes, et c’est le plus important. Avec le changement de nos vieilles organisations productives pour les ouvrir à l’innovation grâce à des micro-communautés créatives (clients, prestataires, départements)

jeudi 12 février 2015

Thierry Bardy - L'hôpital à l'épreuve des « big data » en cancérologie

 

 

 

 




L'hôpital à l'épreuve des « big data » en cancérologie

L'été dernier, l'Institut Gustave Roussy (IGR) a initié la mise au point d'un logiciel d'analyse des données génomiques pour optimiser ses diagnostiques en cancérologie. Le professeur Eric Solary, directeur de la recherche de l'IGR, explique en quoi l'entrée du big data à l'hôpital implique de relever de nouveaux défis.

Eric Solary, est médecin, professeur d'hématologie à l'université Paris-Sud, directeur de la recherche à Gustave Roussy, et président du conseil scientifique de...
L'analyse du génome des cellules cancéreuses, désormais accessible en quelques jours à partir d'un prélèvement tumoral, est une rupture technologique qui met à la disposition des médecins un volume d'informations considérable. Ces "big data", dont l'analyse modifie en profondeur la prise en charge du cancer, génèrent dans les hôpitaux un certain nombre de défis.

Un nouveau métier, celui de bio-informaticien

Le premier est la mise en place de nouveaux circuits : le chirurgien ou le radiologue prélèvent des fragments de la tumeur, l'anatomopathologiste valide, le biologiste extrait les acides nucléiques. Jusqu'ici, une procédure des plus classiques. La génération des "big data" par l'analyse du génome des cellules de l'échantillon nécessite en revanche des compétences nouvelles : certains hôpitaux les développent en interne, d'autres sous-traitent le service. Il faut alors extraire de ces données une information pertinente. L'ADN de nos cellules code plus de 20 000 gènes. Un nouveau métier, celui de bio-informaticien, a pour objet d'identifier les altérations de ces gènes dans les cellules malades. Le nombre des altérations dans une tumeur donnée varie de quelques-unes à plusieurs milliers. Le bio-informaticien doit convertir cette masse d'informations en un message que le biologiste valide et transmet au thérapeute.

Choisir, parmi les altérations du génome, celles qui guideront le traitement constitue le défi suivant. En effet, les altérations détectées n'ont pas toutes la même importance. Certaines ont un rôle dans l'apparition ou la progression de la tumeur, d'autres non. Les résultats transmis par le biologiste sont disséqués lors de réunions de concertation pluridisciplinaires dans lesquelles les médecins de différentes spécialités définissent ensemble la meilleure stratégie thérapeutique à proposer. La mise en place d'essais cliniques favorise l'accès au traitement le plus pertinent.

Partager les données à l'international

Les données issues de l'analyse du génome des cellules normales, utilisées comme contrôles, contiennent elles aussi des informations utiles. Elles peuvent révéler une susceptibilité particulière aux effets toxiques d'un médicament, conduisant à l'éviter ou à adapter la dose. Elles pourraient aussi révéler des prédispositions génétiques à d'autres maladies : en pratique, celles-ci ne sont pas recherchées mais ce sujet soulève des questions d'éthique encore non résolues.

Les données générées doivent ensuite être conservées dans les meilleures conditions de sécurité et de confidentialité. Ce qui n'interdit pas de les partager de façon anonyme : la mise en commun de ces données au niveau international est indispensable pour progresser plus rapidement dans la prise en charge efficace des patients.

Les hôpitaux français s'efforcent de relever ces défis. Le dernier n'est cependant pas le moindre : le plan cancer 3 prévoit le séquençage du génome de 60 000 tumeurs. Cet objectif a un coût. A l'heure où le président Obama fait de la médecine de précision une priorité pour 2015, quelles sont nos ressources en la matière ?