jeudi 12 septembre 2013

11 nouvelles équipes viennent de rejoindre l'accélérateur SeedCamp.

les 10 ruptures technologiques 2013 annoncées par le MIT Thierry Bardy



Pensez à des problèmes intraitables, ou tout simplement ennuyeux. Maintenant, pensez à ce que la technologie peut faire pour les corriger. C'est ce que vient de faire le MIT, à travers sa revue technologyreview.com, en sélectionnant une dizaine de technologies de rupture. Une sélection de technologies qui vont élargir le champ des possibilités humaines.

Leur définition d'une innovation est simple : une avance qui donne aux gens de nouveaux moyens puissants d'utiliser la technologie.
Il pourrait s'agir d'un design intuitif qui fournit une interface utile (« montres intelligentes ") ou des dispositifs expérimentaux qui pourraient permettre à des gens qui ont subi des dommages au cerveau d'obtenir une nouvelle mémoire (« Implants de mémoire ").
Certains pourraient être la clé pour une croissance économique durable (« fabrication additive "et" Supergrids "), tandis que d'autres pourraient changer la façon dont nous communiquons (" Social Media temporaires ") ou de penser à l'enfant à naître (" Prenatal séquençage de l'ADN ").
Certains sont  de brillants exploits d'ingénierie (" Baxter "). D'autres découlent de tentatives de repenser les problèmes de longue date dans leur domaine (« apprentissage en profondeur »et« ultra-efficace l'énergie solaire "). Dans l'ensemble, le but de cette liste est non seulement de connaître ces nouvelles technologies, mais aussi de célébrer la créativité qui les a produites.
Photo : Robot autonome Baxter
intelligeneartificielle1- L'apprentissage global : ce concept intègre de nouvelles capacités dont sont dotés les ordinateurs, traduction automatique, reconnaissance des objets et intelligence artificielle. Avec d'énormes quantités de puissance de calcul, les machines peuvent désormais reconnaître des objets et traduire la voix en temps réel.
L'intelligence artificielle devient intelligente.
Lorsque Ray Kurzweil a rencontré le PDG de Google, Larry Page, en Juillet dernier, il n'était pas à la recherche d'un emploi. Cet inventeur respecté, reconnu pour ses projet de prospective intelligente, voulait juste discuter de son prochain livre "How to create a mind".
Il voulait lancer une entreprise pour développer ses idées.
En janvier 2013, il rentre quand même chez Google en tant que Directeur de l'ingenierie : "c'est l'aboutissement de 50 ans de recherche sur l'intelligence artificielle" déclare-t-il. 
- Les médias sociaux « ponctuels »: il s'agit d'un nouveau type de message destiné à un utilisateur particulier et qui disparaît aussitôt que celui-ci en a pris connaissance, ne laissant ainsi aucune trace. Les messages peuvent  s'autodétruire rapidement , ce qui permettrait  d'améliorer la confidentialité des communications en ligne et rendre les gens plus spontanés.
- Le séquençage génétique prénatal: cette technique pourrait permettre de connaître, avant même la naissance d'un enfant, ses risques génétiques de prédisposition à certaines maladies.  La lecture de l'ADN du fœtus est la prochaine frontière de la révolution du génome. Voulez-vous vraiment connaître le destin génétique de votre enfant à naître?
- La production 3D : il s'agit de l'ensemble des techniques qui permettent de produire directement un objet complexe par impression 3D. Général Electric s'apprête à produire certaines pièces d'avions grâce à cette méthode révolutionnaire.
- Le robot autonome* : il s'agit d'un nouveau type de robot comme le « Blue Collar », développé par la NASA, capable de s'adapter à un environnement complexe et de faire face à une situation nouvelle, non prévue dans sa programmation. Lire la suite.

memoire-implants1













- Les neuro implants : on sait à présent « leurrer » la mémoire chez le rat et lui implanter certains souvenirs artificiels. Certains scientifiques pensent qu'il sera possible d'ici quelques années « d'implanter » certains souvenirs dans le cerveau de personnes souffrant de pathologies affectant la mémoire à long terme. 


- La montre intelligente : tous les géants de l'informatique et de l'électronique travaillent sur ce type de montre qui deviendra une sorte de « couteau suisse » intégrant de multiples fonctions : téléphone, dictaphone, accès Internet, consultation vocale des courriels, GPS, surveillance des paramètres biologiques...


- Les panneaux solaires souples à très haut rendement : des progrès en physique des matériaux et en nanotechnologies permettent à présent d'envisager la production industrielle de cellules solaires flexibles, légères et possédant un très haut rendement de conversion. Ce type de cellules, qui seraient applicables partout (murs, vêtements, appareils numériques) pourrait révolutionner le secteur de l'énergie. 
- Les données « à haute valeur sociale »: on sait à présent recueillir et analyser, à partir de l'utilisation que font de leur téléphone et tablette les utilisateurs, une multitude de données présentant un grand intérêt collectif et concernant les modes de déplacement, les habitudes de consommation et même l'état de santé de la population. Collecter et analyser les informations provenant des téléphones cellulaires simples peuvent apporter des éclairages surprenants sur la façon dont les gens se déplacent et se comportent.

supergrids1- Les réseaux "Supergrids" : il s'agit de réseaux intelligents de production de distribution d'énergie, intégrant de multiples sources d'énergie et de multiples niveaux de production (locale, intermédiaire et global) permettant d'ajuster en temps réel l'offre et la demande d'énergie au niveau d'un pays ou même d'un continent. Lire la suite.
(Source : Technology review.com - avril 2013)
* A savoir que les premiers robots taxis sont déjà arrivés au Japon

Submit to FacebookSubmit to Google BookmarksSubmit to TwitterSubmit to LinkedIn

MAGAZINE COMMENTS POWERED BY DISQUS

Curieuse histoire que celle du QR Code...




Le QR (Quick Response) code était à l'origine le nom de marque pour un système de code-barres à deux dimensions. Il a été inventé en 1994 par Denso Wave, une filiale de Toyota, comme un moyen de suivre les véhicules fabriqués et analyser les composants à hautes vitesses. Alors que DENSO WAVE détient le brevet sur la technologie, ils ont accordé la licence libre, allant même jusqu'à publier les spécifications en ligne, et permettre à quiconque de l'utiliser.
Malheureusement, comme nous le savons tous, gratuit ne signifie pas toujours qualité et je pense que les QR Codes prennent cette affirmation au premier degré. Beaucoup de marques ont d'abord détourné les QR Codes de leur objet initial en prenant le train en marche, comme quelque chose de nouveau et d'excitant qui leur permettrait de tirer parti de l'explosion du marché mobile pour interagir avec les produits du monde réel. Cependant, ils se sont  rapidement heurté à un grand nombre de limites inhérentes à cette technologie.
Ce n'est pas que les QR codes soient morts ou malades ou quoi que ce soit d'hyperbolique  - ils sont juste horriblement mauvais ! Il y a certains avantages et des applications utiles, soit techniques ou industrielles pour la plupart. Au niveau de la commercialisation, par exemple, ils ont déjà proposé quelques avantages pour beaucoup de consommateurs (implicitement,  il faut quand même dire à l'utilisateur "cliquez ici"). En outre, ils sont l'outil idéal pour des actions très spécifiques comme l'initiation d'une transaction commerciale sur un point précis ou un code promotionnel ; ils vont continuer à être utilisés dans ce type de contexte.
Là où nous constatons une véritable aversion croissante à l'utilisation des QR Codes, c'est dans le domaine du marketing de marque axé sur le consommateur. Quelles sont les raisons de la disparition d'une telle technologie à court terme ? Eh bien ! voici neuf exemples :
1) Les QR codes et tags 2D en général sont moches : on ne plaisante pas avec l'esthétique d'une marque et ces outils-là détruisent une grande partie de l'investissement réalisé par les marques pour développer leur identité graphique.
2) Les codes ont des utilisations limitées et ne sont capables de traduire qu'une chaîne de texte qui renvoie les utilisateurs sur un numéro de téléphone d'un site Web, ou à un SMS.
3) Comme ils ne peuvent que générer une chaîne de texte, ils n'offrent pas de possibilité de connection plus perfectionnée, (par exemple, il est très difficile de se connecter au Facebook ID de l'utilisateur final à travers un QR code et donc de suivre ou de fournir un contenu pertinent).
4) Comme un code unique 2D doit être affiché sur tout ce qu'il augmente, la mise en œuvre est difficile à l'échelle et il n'y a pas la capacité de l'utiliser de façon rétroactive à travers les campagnes existantes ou d'inventaires sans efforts extrêmement onéreux et coûteux.
5) En plus de devoir être placé physiquement, les agences de publicité et les Directeurs Marketing des sociétés Fortune 500 ont constaté que la gestion des actifs créatifs nécessaires à la mise en œuvre d'une campagne importante basée sur l'usage des QR Code est incroyablement difficile et inefficace.
6) Parce que tout le monde peut le faire, l'expérience utilisateur (UX) est incroyablement variée et l'engagement souvent très faible.
7) Les consommateurs (surtout les femmes) ne semblent pas du tout enclins à les utiliser, d'où de très faibles taux de clics. Sauf bien sûr s'il s'agit du téléchargement gratuit de la dernière chanson de Lady GaGa...
8) Parce que les consommateurs ne cliquent pas sur les codes souvent de faible qualité, les QR codes sont entrés dans un cercle vicieux où les marques n'attendent qu'un faible taux de retour et en même temps, la plupart des utilisateurs finaux s'attendent à un contenu de faible qualité. Cela va continuer à pousser l'utilisation vers le bas.
9) De nombreuses technologies alternatives comme Near Field Communications (NFC) et la reconnaissance visuelle (VR) sont commercialement viables sans les problèmes rencontrés par les QR codes.
A travers les multiples tentatives pour rendre les QR codes fonctionnels dans le marketing d'une marque, il a été démontré une réelle demande pour augmenter les actifs médias. Mais, en même temps, alors qu'ils n'ont pas la solution, ils ont été confrontés à une extrême résistance de nombreux segments de la population.
Malheureusement, pendant longtemps il n'y avait pas d'autres options et les marketeurs ont été forcés d'essayer de travailler avec eux pour utiliser le mobile et interagir avec les objets du monde réel et les images. Cela a conduit à des taux d'échec abyssaux, en dépit d'être sur le marché depuis près de deux décennies. S'ils n'avaient pas été utilisés comme produit marketing, la technologie des QR codes aurait été oubliée depuis longtemps. Au contraire, ils s'attardent jusqu'à ce que quelque chose de mieux se présente. Il faut un certain temps pour tuer tout ce qui est disponible gratuitement...
Il est reconnu que la technologie est adoptée par le marché de masse quand elle devient synonyme de son utilisation. Et tandis que les QR codes montrent leurs limites, la technologie de reconnaissance visuelle a le potentiel pour devenir la technologie du marché de masse.
Il s'agit d'un processus naturel et continu, aussi facile que de prendre une photo, et maintenant que nous commençons à voir une prolifération de solutions puissantes de reconnaissance visuelle, je crois qu'elle est en passe de devenir l'un des piliers de la découverte mobile et visuelle des objets qui nous entourent (y compris la publicité et la découverte de produits).

mardi 10 septembre 2013

Smart Cities : des apps iOS et Android pour le Grand Nancy


Smart Cities : des apps iOS et Android pour le Grand Nancy
La Communauté Urbaine du Grand Nancy a lancé des services web et des apps mobiles pour optimiser les déplacements et permettre de s'informer sur l'état de la circulation. Capgemini les a réalisés.
La Communauté Urbaine du Grand Nancy, regroupant 20 communes et plus de 250 000 habitants, a lancé son projet d'infomobilité G-Ny avec l'appui de Capgemini et de l'éditeur Senda.
Disponible aussi bien en mode web qu'en tant qu'applications mobile iOS et Android, G-Ny propose d'accéder à une grande variété d'informations et de services de transport. Parmi lesquels le calcul d'itinéraires multimodaux (par tramway, train, voiture, à pied), l'accès aux services de covoiturages, le nombre de places de parking disponibles, le suivi des travaux de voirie...
A terme, G-Ny exploitera l'ensemble des données publiques de la Communauté Urbaine du Grand Nancy et permettra aux utilisateurs d'enrichir les informations disponibles, notamment en termes de conditions de circulation. De même, des fonctionnalités participatives et sociales seront intégrées pour signaler par exemple les incidents et les transmettre à la collectivité pour intervention.
Conçu et réalisé par Capgemini, G-Ny repose sur le socle logiciel Chronome, fourni par l'éditeur Senda qui est spécialisé dans les services de mobilité durable. 

lundi 9 septembre 2013

Marché innovant : comment les drones vont changer nos vies

Au bord de l'éclosion industrielle, le monde foisonnant des drones professionnels a déjà construit une filière où s'épaulent start-up, laboratoires de recherche, grands groupes... et pouvoirs publics. Si le secteur n'a pas encore trouvé son marché, toutes les conditions sont réunies pour qu'il bouleverse nos habitudes.


Va-t-on devoir s'habituer à voir passer des petits drones au-dessus de nos têtes ? Tous les experts le confirment : un secteur est en train de naître. Et on le sent. Le drone civil virevolte dans les médias, il a fait son show au dernier Salon du Bourget, il a, cet été, régalé le public d'images aussi somptueuses qu'inédites sur France Télévisions lors de la retransmission du Tour de France. En un mot, il est « à la mode ».



Crédits photo : . Photo RéA


Micro-hélicoptères à 4 rotors ou ailes volantes, les drones sont à la mode. Célèbres pour leurs applications militaires, ils investissent maintenant notre quotidien

Cousins des célèbres drones militaires à l'oeuvre au Pakistan ou en Afghanistan, ces drôles d'appareils volants sans pilote (qu'ils soient guidés à distance - à vue, ou via des caméras embarquées -, ou pilotés par les algorithmes de leur intelligence artificielle) ont su s'éloigner du théâtre des combats pour investir notre vie quotidienne. Ils ont déjà fait un tabac dans le domaine des loisirs, comme en témoignent les centaines de milliers d'exemplaires de l'AR. Drone piloté par smartphone déjà vendu par le français Parrot, numéro deux mondial de la spécialité. Micro-hélicoptère à 4 rotors ou aile volante, il pointe aujourd'hui très professionnellement le nez dans la vie économique, de la cartographie à la surveillance, de la protection civile à l'agriculture, en passant par la culture et même le sport. Pour autant, son bourdonnement (drone = « faux bourdon », en anglais) ne va pas s'ajouter dans l'immédiat aux habituelles nuisances sonores des villes et des campagnes. Le tout jeune monde des drones civils ne fait encore qu'amorcer son décollage industriel, et on n'aura pas tout de suite à baisser la tête pour les laisser passer…
L'industrie française bien placée pour le marché des drones civils
« La France a raté le virage de la robotique industrielle et loupé dans les années 1990 celui des drones militaires. Aujourd'hui, on est à l'aube d'un nouveau cap : celui des drones civils », estime Patrick Fabiani, directeur de département à l'Onera (Office national d'études et de recherches aérospatiales). Et, cette fois-ci, l'industrie française semble bien placée. « On peut se vanter en disant que la France est pour une fois en avance sur un marché à fort potentiel technologique », estime Frédéric Serre, président du directoire de Delta Drone. Aujourd'hui, 20 constructeurs sont déjà homologués et 277 opérateurs autorisés.
Un cluster mettant les jeunes entreprises en réseau avec labos et grands groupesUn coup de pouce est opportunément venu en avril 2012 de la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), qui, première au monde, a offert un cadre réglementaire précis aux vols de drones civils. Quoique très contraignant (ils ne peuvent pas dépasser 25 kilos et voler au-dessus de 150 mètres - au-delà c'est l'espace aérien -, et ceux qui volent de manière autonome ne peuvent pas peser plus de 2 kilos, par souci de sécurité), ce texte a sonné comme un coup d'envoi. « C'est une avancée remarquable. Nous sommes sur ce plan en pointe au niveau européen et mondial », estime Trang Pham, coordinatrice d'Ateos, le cluster qui, à Pessac en Gironde, met en réseau jeunes entreprises, laboratoires et plus grands groupes, sous la houlette de Thales. Aux Etats-Unis, Barack Obama et le Congrès ont promis une telle réglementation… pour 2015. C'est tout ce qu'attendait un secteur « qui s'appuie sur une filière aéronautique d'excellence, avec ses usages industriels et des centres de formation mondialement reconnus », explique un expert. Et dont l'effervescence est telle qu'elle demande parfois à être canalisée : à cette fin, une Fédération professionnelle du drone civil (FPDC) a été judicieusement créée à la fin juin.


Potentiel « fantastique » de ce nouveau marché
« Aujourd'hui, il y a des start-up, beaucoup d'activité et d'appétit pour ce nouveau marché qui n'a pas encore de débouchés de taille. Mais il faut y voir le signe avant-coureur du développement de produits technologiques », justifie Henri Seydoux, le bouillonnant cofondateur et patron de Parrot, qui, lui aussi se lance aujourd'hui dans le drone professionnel. « Souvenez-vous de ce qui s'est passé pour la 3D ! Tout le monde voulait en faire alors qu'il n'y avait pas de business. Pareil pour l'automobile dans les années 1910, quand il y avait plus de 150 constructeurs en France, et 300 aux Etats-Unis ! C'est, en fait, le désir qui arrive en précurseur. » Un jouissif magma initial, en somme…


Une chose est sûre : le potentiel du secteur est qualifié de « fantastique ». En 2010, déjà, la Direction générale des entreprises du ministère français de l'Industrie n'annonçait-elle pas que « le drone sera[it] à l'aéronautique ce qu'est devenu le téléphone mobile à la téléphonie fixe » ? Chez Delta Drone, constructeur à Grenoble, on est aujourd'hui convaincu que, « demain, toutes les entreprises utiliseront des drones pour des raisons que personne n'a encore imaginées ». Digne de Prévert, la liste de leurs applications est, grâce à leurs capacités de transmission et d'analyse embarquées, déjà longue. D'abord, la photo aérienne et la cartographie. C'est une évidence. Les agences immobilières ont rapidement mis le pied dans la porte et offrent aux clients des panoramas aériens pour leurs produits d'exception. Sa spécificité (l'absence de pilote) destine ensuite naturellement le drone aux « 3 D » : « dull » (tâches monotones et répétitives), comme la surveillance des milliers de kilomètres de rails, caténaires et lignes électriques ; « dangerous », l'utilisation dans les conflits armés ou zones risquées ; « dirty », l'inspection et les mesures lors d'accidents chimiques ou nucléaires, comme à Fukushima.

De la protection civile aux drones journalistes en passant par la surveillance des vignes

En France, ERDF a lancé, avec le toulousain Delair Tech, premier constructeur de drones autonomes sur longues distances, une expérimentation de surveillance des lignes électriques aériennes dans la région Midi-Pyrénées sud (détection des défauts, avaries, poteaux à terre lors d'intempéries, nécessité d'élagage). « En cas de tempête, on peut faire un diagnostic du réseau en une heure de temps, là où il fallait jusqu'à quarante-huit heures auparavant », explique Jean Paoletti, directeur régional.
En Rhône-Alpes, ERDF a signé en mars dernier avec Delta Drone le premier gros contrat du secteur pour la surveillance de ses lignes et la cartographie en 3D de ses transformateurs, ce qui a permis à la société de passer au stade industriel. A la SNCF, « on mène une réflexion » sur l'inspection des ouvrages d'art et la surveillance de ses 33.000 kilomètres de lignes, vols de câbles obligent, notamment… GDF Suez a commandité des essais pour l'inspection de ses réseaux et Total « est en veille d'information » pour ses pipelines. Les drones, c'est aussi la protection civile : inondations, tremblements de terre, avalanches et feux de forêt. A l'été 2012, les drones du constructeur bordelais Fly-n-Sense, la première société française à avoir reçu une autorisation de vol de la DGAC, ont donné de la visibilité aux pompiers des Landes en leur fournissant des cartes exactes - et si précieuses - des lignes de feu en temps réel
La Police nationale assure de son côté « une veille technologique » en pensant aux manifestations et mouvements de foule. Pour le maire de New York, Michael Bloomberg, la cause de la surveillance des civils par des drones dans les grandes métropoles est d'ailleurs déjà entendue, quelles qu'en soient les critiques d'ordre éthique : « Nous allons vers un autre monde, inexploré. Vous ne pouvez pas empêcher la marée de monter », disait-il en mars dernier. Evaluation du volume des minerais dans les carrières, mesures en matière d'environnement, « drone journalisme » exploré par l'hebdomadaire « L'Express », vision « au plus près » du patrimoine architectural ou naturel, comme dans l'émission « Des racines et des ailes » de France 2, et même - au service des entraîneurs ! -, détection par l'intelligence artificielle des drones de la bonne forme physique des sportifs au cours de l'entraînement, font encore partie de l'éventail.
Sans oublier l'agriculture : « c'est l'outil qui manquait au secteur ! », indique un professionnel. Leur champ d'action y est immense, et ils sont déjà à l'oeuvre dans les vignes du Bordelais. Bourrés de capteurs et capables de résolution au millimètre près, les drones vont pouvoir détecter précisément la maturité des cultures, leur besoin en eau, leurs atteintes par les maladies et les parasites, et, en permettant de cibler les réponses et d'abandonner la bonne vieille technique des interventions à l'aveugle, on s'acheminera vers une agriculture plus raisonnée. Infiniment moins chers (de 10 à 12 fois) que les avions, les hélicoptères ou les satellites, plus souples, plus réactifs, plus précis, moins bruyants, moins polluants aussi, leur avenir semble garanti.

Un véritable « travailleur aérien »

Une industrie prend donc forme. L'Association internationale pour les systèmes de véhicules sans pilote (Auvsi) prévoit que l'intégration des drones aux Etats-Unis, en 2015, créera 70.000 emplois dans les trois premières années, plus 100.000 emplois d'ici à 2025, pour un chiffre d'affaires cumulé dépassant les 80 milliards de dollars. Pour la France, les chiffres sont moins précis. Chez Ateos, on estime que, du fait d'une sophistication accélérée, le chiffre d'affaires du marché des petits drones sera multiplié par 50 au cours des prochaines années, et par 500 lorsqu'apparaîtront les drones civils de grande taille. « On a mis en route une machine à développer le secteur, en associant entreprises et recherche », en cycle court, observe Patrick Fabiani. Dans les « valleys » autour de Bordeaux, Grenoble ou Toulouse, la dizaine de vrais grands intégrateurs français de drones civils sont effectivement là où se trouvent les labos. « On assiste à une fantastique accélération temporelle depuis l'apparition de la réglementation, et les PME lèvent des fonds importants pour passer à l'échelle industrielle. Mais, si on a la technologie et une filière, il faut encore qu'elles trouvent un marché, que les clients se les approprient », tempère Trang Pham. « Ce sont des grands contrats passés avec de grands groupes clients qui feront bouger les choses, mais ils ne sont pas rapides dans leur décision », regrette Benjamin Benharrosh, directeur du développement de Delair Tech, qui appelle du coup de ses voeux « une évangélisation du marché ». Le vrai décollage devrait encore attendre dix-huit mois, estime la profession, qui bruisse de rumeurs d'appels d'offres pour 2014.
Déjà, de « nouveaux acteurs de la chaîne de valeur » sont au travail sur de futures fonctionnalités afin de sortir les drones de leur quasi-monoculture de l'imagerie. Au programme, avec un horizon de cinq à dix ans selon les types d'appareils : le stockage de l'énergie à bord, la miniaturisation et tous les systèmes intelligents embarqués, comme le pilotage automatique, l'autonomie de décision de l'appareil, la sécurité, le traitement des données, les caméras ou surtout les capteurs. L'avenir, c'est « à chaque usage son capteur », indiquent les experts. « Chaque drone aura son métier. Il faudra qu'il ait des bras, qu'il entre dans l'action au moyen d'une robotisation associée », explique Frédéric Serre. Ces outils actifs en feront alors un véritable « travailleur aérien ». Autre saut réglementaire à venir : l'autorisation de drones autonomes de plus grande taille, qui puissent aussi s'insérer dans l'espace aérien aux côtés des avions traditionnels. De ce point de vue, les constructeurs sont optimistes : la DGAC, qui travaille en liaison étroite avec eux, a fait le choix d'une réglementation évolutive, capable d'accompagner les percées technologiques. Un allié précieux…

Les points à retenir

De la cartographie à la surveillance, de la protection civile à l'agriculture en passant par le sport, les champs d'application des drones sont multiples.
Après avoir raté le virage de la robotique industrielle et des drones militaires, l'industrie française semble, cette fois, bien placée voire plutôt en avance sur ce marché prometteur.
Les pouvoirs publics ont donné un coup de pouce appréciable en dotant la France d'un cadre réglementaire contraignant, mais précis pour l'utilisation des drones. Une première au monde

Thierry Bardy - Vers la création de "things market" à l'instar des "apps stores"

Thierry Bardy 


Vers la création de "things market" à l'instar des "apps stores"

En juin 2013, j'avais publié dans ce blog un billet intitulé  "A bon entendeur !!!".J'alertais les "innovateurs " de la planète TIC de la nécessité d'anticiper les nouveaux écosystème liés à ce que l'on appelle le 5eme écran ou le 5 eme  "thing". Il s'agit des Google glass ou des montres de toutes sortes, etc... Un nouveau  gisement de valeur est, en effet, en train de naître. Comment l'anticiper ?. 
Aujourd'hui, demain il sera trop tard,  il est temps de prendre des paris, de miser sur telle ou telle technologie, aller à la recherche des protocoles, des "toolbox" qui seront nécessaires au développement de ce business en devenir  (quitte à être intrusifs vis à vis de Google, Withings, Apple, Qualcomm, Samsung,  Fit bit, Siemens, etc...) .
Bref, anticiper l'évolution de ce business prometteur
. Beaucoup pensent que le big data grand public évoluera à travers ce type de devices compagnon, wellness, médecine prédictive, etc...

A l'instar des apps stores de smartphones, il parait maintenant évident que les "things", pour se développer, adopteront comme  leurs ancêtres un écosysteme ouvert du type "things market". 

L'histoire nous a démonté que les fournisseurs d'OS étaient bien évidemment en position de force, seuls Apple puis Google ont pu s'imposer et générer un réel business incrémental.
Microsoft/Nokia ou les Telco se sont positionnés très tardivement, Partis avec un tel retard,  ils n'ont jamais trouvé LA Solution.
Dommage, car si ce marché n'est pas forcement rémunérateur, il est excessivement fidélisateur,

A la différence de l'histoire des apps market, le marché des "things" sera beaucoup plus atomisé
(devices différents)  et moins mass market.
Aussi, la normalisation des protocoles de développement sera beaucoup plus difficile à trouver.
Une raison de plus pour réfléchir et anticiper dès maintenant  à ces nouveaux business models dont le "développeur" sera encore une fois la pierre angulaire.
A bon entendeur !!!

Un porte parole de Google vient de confirmer le lancement, début 2014, d'un App Store dédié aux très attendues lunettes connectées. Cette information avait également été évoquée dans un récent article du New York Times consacré aux usages de ce futur gadget. L'auteur y précisait qu'un App Store serait opérationnel dès l'année prochaine lorsque les Google Glass seront accessibles au grand public. La firme de Mountain View n'a toutefois pas précisé s'il s'agira d'une boutique en ligne indépendante ou directement rattachée à l'actuel Google Play.

La smartwatch, simple gadget ou vraie rupture ?


Entre la Galaxy Gear de Samsung, la SmartWatch de Sony et la Toq de Qualcomm, en attendant l'iWatch d'Apple et peut-être un produit signé Google, les montres intelligentes affluent sur le marché. Elles demeurent des accessoires perfectibles qui ne devraient séduire à court terme qu'une poignée de technophiles.

Sur le même sujet.
Qui n'a pas sa montre connectée ? Tout le monde s'y met, même les fabricants de puces, comme l'américain Qualcomm avec la Toq. Le leader mondial des smartphones Samsung peut se vanter d'avoir été (presque) le premier avec sa Galaxy Gear, dévoilée mercredi soir, grillant sur le poteau Apple dont on ignore encore la date de sortie de l'iWatch (le nom a bien été déposé ainsi que plusieurs demandes de brevets).
Le japonais Sony avait une nette longueur d'avance : il avait présenté sa SmartWatch, compatible avec les smartphones sous Android, au CES de Las Vegas en janvier 2012. µ
De nombreuses start-ups ont aussi développé leur modèle de montres à la James Bond, de Pebble à I'm Watch en passant par TrueSmart d'Omate qui va être présentée au salon IFA de Berlin. Même si les premières tentatives de montres-téléphones remontent à la fin des années 1990, le marché en est à ses balbutiements.
Le cabinet spécialisé IHS estime qu'il devrait se vendre cette année dans le monde 268.000 montres connectées… Pour le moins confidentiel ! A titre de comparaison, plus de 225 millions de smartphones ont été écoulés au cours du seul deuxième trimestre.

La Galaxy Gear « un prototype présenté comme un produit commercial »
Aux yeux de Ian Fogg, spécialiste de la mobilité chez IHS, « au vu des caractéristiques techniques, la Galaxy Gear de Samsung apparaît comme un prototype que l'on fait passer pour un produit commercial et à cause de cela, ne sera pas un succès sur le marché. »
Samsung aurait-il lancé sa montre, au design qui fleure bon les montres à quartz des années 1980, trop tôt ? L'expert d'IHS lui reproche son prix élevé (299 dollars) pour un appareil « compagnon », un accessoire ne pouvant fonctionner sans smartphone, son autonomie de 25 heures qui oblige à la recharger chaque jour et surtout sa compatibilité très limitée, uniquement avec le nouveau Galaxy Note 3 et la tablette Note 10.1.
Vendue autour de 300 dollars uniquement aux Etats-Unis, la Toq de Qualcomm, qui sera compatible avec les appareils sous Android, ne sera produite qu'à quelques dizaines de milliers d'exemplaires, le but étant surtout de mettre en avant sa technologie d'écran Mirasol, qui utilise un système de réflexion de la lumière: elle se présente elle aussi comme le « second écran du smartphone. » Une erreur selon Shane Walker, autre expert d'IHS, du fait de la concurrence de nombreux autres appareils de suivi des performances (on pense aux bracelets Up de Jawbone ou Nike+ FuelBand, à la balance Withings, etc) : « pour atteindre son potentiel de marché, la montre intelligente doit fonctionner toute seule et comprendre des fonctionnalités adaptées à sa forme de bracelet », affirme-t-il.

Des « inventions de science fiction déjà anachroniques » ?

La smartwatch est-elle condamnée à rester un gadget pour technophiles avides de nouveautés, les fameux « early-adopters » qui essuient les plâtres ? « Samsung suit une stratégie produit du spaghetti sur le mur : lancer une smartwatch et voir si ça colle », ironise Sarah Rotman Epp, du cabinet Forrester Research. Finalement comme avec la Galaxy Note, sa « phablette », à mi-chemin de la tablette et du smartphone, qui a su répondre à une demande insatisfaite de plus grand écran.
A l'image des tablettes, qui n'avaient pas rencontré leur public jusqu'à la sortie de l'iPad, les montres intelligentes ne décolleront sans doute qu'au lancement de versions plus abouties sur les plans matériel et logiciel, enrichies d'applications vraiment innovantes. Le cabinet IHS prédit ainsi que les ventes devraient être multipliées par quinze en quatre ans, passant de 2,6 millions en 2014 à 39 millions d'exemplaires en 2018. Juniper Research table aussi sur 36 millions de montres connectées dans cinq ans. Cependant, l'experte de Forrester considère que « les smartwatches sont des inventions de science fiction et sont déjà des anachronismes dans le monde moderne. » Elle imagine un monde peuplé de capteurs glissés dans les lunettes, lentilles de contacts, tatouages, chaussures, vêtements, miroirs, matelas, brosses à dents, etc. De quoi être définitivement connecté 24 heures sur 24.

Thierry Bardy

jeudi 5 septembre 2013

La télévision du futur prend forme à Berlin


La TV incurvée proposée par Samsung.
Finie la mode des écrans plats. La nouvelle tendance dans l’industrie de la télévision, ce sont les écrans incurvés. A l’IFA, le salon européen de la high-tech qui se déroule en ce moment à Berlin, les principaux constructeurs comme Samsung, LG et Sony mettent à l’honneur ces téléviseurs dernier cri, dont la taille varie de 55 à 65 pouces.
Cette nouvelle forme de téléviseurs est censée offrir au téléspectateur une immersion totale dans l’image, similaire à ce que l’on peut avoir au cinéma. « Chaque pixel, chaque point de l’écran se retrouve à équidistance des yeux. Ainsi, on ne rate aucun détail », explique un porte-parole de Sony. La particularité de ces écrans est qu’ils sont aussi très fins : 4,3 mm pour le modèle de LG. Ces téléviseurs embarquent la technologie OLED, qui offrent une brillance des couleurs et un contraste de grande qualité, tout en consommant moins d’énergie. Disponibles en Corée depuis le printemps, les modèles de Samsung et de LG seront commercialisés en Europe dans les semaines à venir pour un prix compris entre 8000 et 9000 euros.
L’Ultra HD s’impose
Outre le design de l’écran, la bataille entre les constructeurs se joue aussi au niveau de la définition de l’image. A l’IFA, l’Ultra HD semble ainsi s’imposer comme la nouvelle norme pour les téléviseurs de demain. Cette technologie permet d’offrir une définition de l’image quatre fois plus importante que les modèles en full HD (1080 pixels). Les nouveaux modèles trônent en maîtres sur les stands. Chez Samsung, toutes les tailles d’écrans ou presque sont exposées : 55, 65, mais aussi 85, 98 et même 110 pouces (soit une diagonale d’écran de plus de 2 mètres de long !). Là aussi, les premiers modèles arrivent progressivement sur le marché – les deux plus grandes tailles sont prévues pour l’an prochain – avec un prix de départ chez le leader coréen, à 4000 euros (55 pouces). Des TV mariant les technologies Ultra HD et OLED sont également présentées à Berlin sur différents stands. Mais elles ne sont pas encore prévues à la vente pour le moment.
Si ces produits s’inscrivent clairement dans le haut de la gamme des téléviseurs et ne devraient par conséquent séduire qu’une petite partie de la population, ils symbolisent toutefois le vrai retour de l’innovation dans le secteur et représentent un vrai espoir pour les fabricants après le succès très relatif de la 3D. En Europe, compte tenu du taux d’équipement important des ménages et du contexte économique, le marché demeure morose. En France, au deuxième trimestre, les ventes ont encore reculé de 19 % selon le cabinet d’études GfK. Les constructeurs veulent néanmoins croire qu’un point bas a été atteint, et que les nouveautés redonneront l’envie aux consommateurs d’investir à nouveau. L’approche de la Coupe du Monde de football (2014), un évènement traditionnellement porteur pour les ventes de téléviseurs, pourrait être l’élément déclencheur.